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Michael Ferire, photographe backstage

C'est un trait de personnalité. Quand tout le monde pense d'une certaine manière, j'ai parfois envie de penser l'inverse, simplement pour l'exercice, pour le jeu. C'est pour ça que je dis que je ne suis pas photographe.

© Jan Scholz

Les photographes échouent principalement aujourd'hui, pas parce qu'ils sont pas bons photographes, mais parce qu'ils n'ont pas les bons outils marketing ou les outils relationnels qui leur permettent de montrer ce qu'ils veulent.

© Michael Ferire pour Stromae
© Michael Ferire pour Mosaert

Aujourd'hui, tout le monde peut acheter un appareil photo, tout le monde peut se former à la technique en quelques jours, mais trouver son sujet et trouver ses clients, c'est ce qui prend le plus de temps et ça peut prendre des années.

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© Michael Ferire pour Guendalina Litta

Ca fait 10-12 ans que je suis photographe, mais j'ai seulement commencé à vraiment en vivre et à savoir ce que je voulais faire il y a 2-3 ans. Il faut savoir ramener la notion d'échec et d'expérimentation au centre de ce qui fait l'art et de ce qui fait la formation.

© Michael Ferire pour Stromae
© Michael Ferire pour Stromae
© Michael Ferire pour Mosaert
© Michael Ferire pour Mosaert

L'échec n'est pas le symptome d'une incapacité, c'est le premier pas vers une probable réussite.

© Michael Ferire pour Agence TBX
© Michael Ferire pour Agence TBX
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© Michael Ferire pour Stromae

Cette idée que tout est relatif, que tout opinion se vaut, qu'il n'y a pas de notion d'expertise est un phénomène qui m'irrite. Cette idée que toute image a sa chance me dérange.

Le like est la symbolisation pour l'image de ce qu'est le vote pour la politique.

Nous photographes avons un rôle qui consiste à dire : on se fiche de la tendance, la tendance n'est pas notre sujet. Notre sujet est de construire quelque chose qui a de la valeur au delà de la tendance, ou indépendamment de la tendance.

© Michael Ferire pour Maxime Simoëns
© Michael Ferire pour Maxime Simoëns

En général, je dis que je suis photographe backstage, car ça définit mon approche. Je cherche ce qui est caché derrière. Le backstage, ça peut s'appliquer partout. Chez un artisan, ce qui m'intéresse c'est ce qui n'est pas montré. Ca n'est pas l'objet fini, mais les 6h de reflexion, les 2h de confection, etc.

© Michael Ferire pour Serge Rusak
© Michael Ferire pour Serge Rusak
© Michael Ferire pour Serge Rusak

Cette photo, c'était la première fois que je shootais en argentique pour un client, et la première fois que je shootais pour Stromae. J'ai fait cette image presque sur un malentendu. Elle a une histoire, elle marque le début de quelque chose de différent, et à mes yeux elle a une aura qui se rapproche de la peinture.

© Michael Ferire pour Stromae

J'achète des objets juste pour la boîte. Je garde les emballages de tout ce que j'achète. Si quelqu'un va dans la précision aussi fort pour le packaging de son produit, ça donne une idée de toute la précision qu'il peut y avoir ailleurs.

Ce qui m'intéresse, c'est de comprendre, et pas forcément de montrer. Même si mon ambition c'est de mêler les deux. Une image doit être belle, et doit avoir du sens.

© Michael Ferire pour Mügluck
© Michael Ferire pour Mügluck
© Michael Ferire pour Stromae
© Michael Ferire pour Stromae

Au début, je me suis un peu perdu dans une esthétique très numérique, très lisse, très joyeuse, en essayant de reproduire ces images là, qui n'étaient pas moi d'une certaine manière.

Même si mon coeur va toujours du coté de l'argentique, la quantité de numérique que je fais aujourd'hui est énorme. C'est par souci de pragmatique que je suis revenu au numérique, car je travaille en équipe.

© Michael Ferire pour Guendalina Litta
© Michael Ferire pour Guendalina Litta

Tout objectif nécessite un investissement. C'est comme un transfert d'énergie. J'ai identifié 3 sources d'énergies potentielles que je peux mettre dans mon activité : énergies financière, artistique et humaine.

Ce qui m'a motivé à la base, avec ces emails quotidiens que j'envoie chaque matin, c'était de me créer une certaine routine, une certaine hygiène.

La société actuelle ne manque pas de développement des personnes. Nos égos sont déjà sur-développés. La société, si elle manque de quelque chose, c'est d'humilité, de devoir, de rétractation personnelle.

© Michael Ferire pour Guendalina Litta
© Michael Ferire pour Guendalina Litta
© Michael Ferire pour Agence TBX
© Michael Ferire pour Maxime Simoëns
Un immense merci à Michael pour sa disponibilité et ce partage.

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