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Rencontre(s)

Martin Dellicour, photographe nature.

Finalement, on peut très vite se définir comme photographe nature.
C'est tout ce qui est à l'extérieur, tout ce qui est autour de nous, mais aussi tout ce qui est avec nous aussi.

Il y a évidemment la vie sauvage. Et puis, il y a tout notre rapport en tant qu'humain, avec cette vie sauvage, qu'on soit en forêt, en montagne, peu importe.

Ce sont des lieux qui m'inspirent, qui m'intéressent. Et c'est ce relationnel là que j'essaie de mettre en avant par l'image.

Tout peut être une source d'inspiration. Et je pense que ça, c'est la définition même du photographe.

On va poser un regard et finalement, avant de déclencher une image, on est d'abord un observateur. Ça nous rend curieux. ​

J'ai été marqué par le Grand Nord.

On est confrontés à l'immensité. On se retrouve face à des étendues qui sont telles qu'on y perd tout son rapport, toute sa capacité à gérer une proportion.

Les boeufs musqués sont des reliques de l'ère glaciaire. Ce sont des animaux absolument incroyables.

On les cherche depuis plusieurs jours et là, en plein blizzard, derrière une crête, apparaissent ces animaux. Vraiment comme des fantômes.

J'ai des carnets qui datent des années 90, remplis de notes avec les dates, les heures, les endroits, les animaux que j'ai vus.

Aujourd'hui je continue à toujours avoir un carnet sur moi.

Le fait de pouvoir relire toutes ces notes qui sont pleines de naïveté, c'est captivant. Même si je pense que les notes d'aujourd'hui sont toujours aussi naïves, mais différemment.

On voit énormément de photos en très gros plans d'animaux, etc. Bravo pour la prouesse, mais ça manque un petit peu de magie, ou d'esthétique poétique.

Je trouve que c'est toujours plus enrichissant de s'inspirer de ce qui se fait dans d'autres domaines artistiques ou dans d'autres thématiques photo.

Il y a un problème majeur dans la photo animalière aujourd'hui, qui est peut-être le reflet d'un problème qui est général au niveau de la société. C'est à dire qu'on est dans une course à la performance.

C'est une compétition, donc on n'est plus du tout dans la démarche créative, artistique ou simplement naturaliste.

La seule chose qui importe malheureusement, c'est que l'esthétique de l'image soit la plus forte, et souvent aux dépens de l'animal.

Se balader avec le vent de face, ce genre de choses pour essayer de minimiser les dérangements, c'est déjà une démarche qui est positive.

On considère que la photographie animalière est devenue une activité qu'on doit consommer en masse et en force et en vitesse. Je pense que tant qu'on est dans cette logique là, on n'en sort pas.

Un immense merci à Martin Dellicour pour sa disponibilité et ce partage.

Retrouvez son travail sur Instagram et sur son site web.

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